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Protéger votre patrimoine et votre cabinet : stratégies de gestion des risques pour les dentistes
Un cabinet dentaire prospère peut générer des revenus élevés et constituer un patrimoine important à long terme. Il peut également entraîner une concentration des risques. Lorsque vos moyens de subsistance, votre cabinet et vos projets d’avenir sont étroitement liés, un seul événement perturbateur peut avoir des répercussions sur plusieurs aspects de votre situation financière. C’est pourquoi la gestion des risques est essentielle. Elle vous aide à protéger ce que vous avez bâti et vous permet de continuer à prendre les bonnes décisions lorsque les circonstances changent.
Les principaux risques que les dentistes doivent anticiper
Les dentistes sont confrontés à divers risques susceptibles d’affecter à la fois leur cabinet et leurs finances personnelles. Parmi les plus importants, on peut inclure :
La responsabilité professionnelle
L’invalidité ou maladie
Les interruptions des activités de l’entreprise
Le risque de concentration
La responsabilité professionnelle
Au Québec, l’assurance responsabilité civile est obligatoire et indispensable. Cependant, elle ne permet pas d’écarter toutes les conséquences d’une plainte, d’une réclamation ou d’un litige. Même lorsqu’une couverture est en place, la procédure peut demander du temps, de l’attention et de l’énergie. Pour le propriétaire d’un cabinet, cela peut affecter les opérations et la trésorerie plus que prévu.
L’invalidité ou maladie
Pour de nombreux dentistes, les revenus dépendent directement de leur capacité à travailler. Même une interruption temporaire peut exercer une pression tant sur les finances de l’entreprise que sur les finances personnelles. Les remboursements de prêts, les salaires, les obligations de bail et les dépenses familiales ne s’arrêtent pas simplement parce que le travail clinique est interrompu.
Les interruptions des activités de l’entreprise
Des problèmes d’équipement, des difficultés de personnel, des congés personnels ou des ralentissements imprévus peuvent tous affecter les revenus du cabinet. Comme la plupart des cabinets dentaires au Québec sont principalement des PME, elles peuvent avoir une capacité limitée à absorber les perturbations.
Le risque de concentration
De nombreux dentistes constituent une grande partie de leur patrimoine au sein de leur cabinet et de leur entreprise. Lorsque trop de choses dépendent du même environnement commercial, vous pouvez avoir moins de marge de manœuvre pour vous adapter, surtout à l’approche de la retraite.
L’incorporation aide, mais elle ne règle pas tout
L’incorporation est une étape importante, mais elle ne doit pas être confondue avec une stratégie de protection complète. Comme nous l’avons vu dans notre précédent volet consacré à la structure juridique et à la propriété, elle permet d’établir une séparation juridique et financière entre le cabinet et le propriétaire, ce qui est essentiel. Elle peut également favoriser une planification fiscale plus réfléchie et la constitution d’un patrimoine au fil du temps.
L’incorporation peut réduire les risques, mais elle ne remplace pas l’assurance, la liquidité ou la diversification. Les garanties personnelles, la concentration des actifs, la liquidité limitée et une planification mal coordonnée peuvent toujours vous exposer à des risques. Si la plupart de vos bénéfices non répartis, de vos placements et de vos perspectives de retraite restent liés à la même structure d’entreprise, la séparation entre patrimoine professionnel et patrimoine personnel peut s’avérer plus fragile qu’elle n’y paraît. C’est pourquoi une structure fonctionne mieux lorsqu’elle s’appuie sur de l’assurance, des liquidités, une diversification et des révisions régulières.
Séparer le patrimoine personnel des risques liés à la pratique
L’un des objectifs à long terme les plus importants consiste à éviter d’exposer une part trop importante de votre patrimoine personnel aux mêmes risques que ceux qui pèsent sur votre clinique.
Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille tout retirer d’un seul coup de l’environnement professionnel. Il s’agit plutôt d’agir de manière réfléchie, au fil du temps. À mesure que vos revenus augmentent et que les bénéfices non distribués s’accumulent, vous pouvez progressivement constituer un patrimoine moins dépendant des activités de la clinique. Vous pouvez également vous doter d’une plus grande liquidité en dehors de l’environnement professionnel immédiat, afin que vos décisions personnelles ne dépendent pas entièrement de ce que la clinique vous permet de faire à tel ou tel moment.
Cela est important pour plusieurs raisons. Cela peut alléger la pression pendant les périodes de ralentissement. Cela peut rendre une vente ou une transition future moins urgente. Cela peut également préserver la stabilité financière de votre famille en cas d’imprévu. Plus votre situation financière dépend d’un seul résultat, comme votre capacité à continuer à travailler ou la vente future de votre entreprise, moins vous aurez de flexibilité pour vous adapter.
“Pour les dentistes, protéger leur patrimoine signifie créer une séparation suffisante entre leur pratique, leurs revenus et leurs actifs à long terme, afin qu’un problème n’affecte pas tout en même temps.”
— Valérie Forget, conseillère en gestion de patrimoine chez Le Groupe St-Georges – Assante Capital Management ltée.
L’assurance comme outil de planification stratégique
Pour les dentistes, l’assurance doit s’inscrire dans une stratégie globale de gestion patrimoniale, et non constituer un exercice de planification distinct.
L’assurance invalidité est l’un des exemples les plus importants. Votre capacité de gain étant étroitement liée à votre travail clinique, la perte de ces revenus peut avoir des conséquences immédiates. Une couverture invalidité permet de préserver votre trésorerie si vous êtes dans l’incapacité d’exercer, que ce soit temporairement ou de façon permanente.
L’assurance vie joue également un rôle plus large que ce que beaucoup de gens imaginent. Elle peut protéger votre famille, fournir des liquidités, faciliter la planification successorale et contribuer à maintenir la stabilité si votre décès entraîne des obligations financières professionnelles ou personnelles. Dans certaines situations, elle peut également faciliter la planification des accords d’achat-vente ou l’égalisation entre les membres de la famille.
La couverture en cas de maladie grave peut servir un objectif différent. Plutôt que de remplacer un revenu régulier, elle peut permettre d’accéder à des capitaux lors d’un événement de santé grave, au moment où des décisions professionnelles et personnelles doivent être prises rapidement.
Pour les dentistes exerçant avec des associés ou dans le cadre d’une structure de propriété partagée, une assurance « personne clé » et des accords d’achat-vente correctement financés peuvent également s’avérer essentiels. Si l’un des propriétaires décède ou devient invalide, cela a des répercussions financières qui vont bien au-delà de cette seule personne. Sans planification, les copropriétaires restants, la famille et l’entreprise peuvent tous se retrouver face à l’incertitude en même temps.
La liquidité en cas d’urgence est importante
La planification en matière d’assurance est importante, mais elle ne résout pas tous les problèmes à court terme. Un plan de gestion des risques solide devrait inclure l’accès à des fonds permettant de couvrir les coûts fixes de l’entreprise, les baisses temporaires de revenus ou les dépenses personnelles imprévues. Sans liquidités, même une perturbation gérable peut vous contraindre à prendre des décisions précipitées. Vous pourriez vous sentir obligé d’emprunter, de retarder certaines mesures ou de puiser dans vos fonds d’une manière qui ne cadre pas avec votre stratégie globale.
La liquidité vous offre la flexibilité nécessaire pour réagir calmement et efficacement sans tout bouleverser.
La planification des risques dans le cadre d’un partenariat ou d’une association
Lorsque la propriété est partagée, la gestion des risques devient plus complexe. Un partenariat ou une association peut bien fonctionner, mais seulement si les attentes et les plans d’urgence sont clairement définis.
Les questions suivantes doivent être abordées :
Que se passe-t-il si un associé devient invalide ?
Que se passe-t-il si l’un des associés souhaite se retirer de manière inattendue?
Comment la pratique est-elle évaluée si un rachat s’avère nécessaire ?
D’où proviennent les liquidités pour soutenir cette transition ?
C’est ici que les conventions d’actionnaires et la planification financière doivent aller de pair. Au fil du temps, ces mêmes questions sont également liées à la planification de la succession, en particulier lorsque des changements de propriété, des rachats ou des transitions d’associés s’inscrivent dans une perspective à long terme. Le langage juridique ne suffit pas à lui seul si l’entreprise ne dispose pas d’un moyen réaliste de financer le résultat. L’objectif est de réduire les conflits, de préserver la continuité et d’éviter qu’un événement difficile ne se transforme en crise financière.
Les erreurs fréquentes en matière de gestion des risques
Nous observons souvent les mêmes erreurs chez les propriétaires d’entreprise, et les dentistes n’y font pas exception. Parmi ses erreurs, on retrouve :
Penser que l’incorporation en société suffit à elle seule
Laisser une trop grande partie de son patrimoine lié à l’exploitation du cabinet
Ne pas revoir son assurance invalidité ou son assurance vie à mesure que les revenus et les obligations augmentent
Reporter la mise en place d’un plan d’urgence sous prétexte que le cabinet se porte bien
Ces problèmes découlent rarement d’une seule erreur. Le plus souvent, elles surviennent lorsque la clinique se développe, mais que la stratégie de gestion des risques n’évolue pas en conséquence.
Si vous ne savez pas si l’un de ces cas s’applique à votre situation, cette incertitude est souvent le premier signe que votre stratégie actuelle de gestion des risques mérite d’être réexaminée de plus près.
Protéger ce que vous avez bâti
Protéger votre patrimoine et votre cabinet, c’est s’assurer qu’un revers ne remette pas tout en cause d’un seul coup. Une maladie, une responsabilité civile, une interruption d’activité ou un changement de plans peuvent tous être des sources de pression, mais une bonne planification permet d’en limiter l’impact.
Si vous souhaitez faire examiner votre plan de protection actuel, contactez le Groupe St-Georges. Basés à Montréal, nos conseillers en gestion de patrimoine travaillent en collaboration avec votre équipe d’experts actuelle ainsi qu’avec des experts en fiscalité, en comptabilité et en placement de notre réseau, afin de vous aider à évaluer votre approche en matière de gestion des risques et à identifier les domaines qui pourraient nécessiter une attention particulière.
Une fois que votre structure, votre planification fiscale et vos stratégies de protection sont harmonisées, la question suivante est de savoir comment ce patrimoine vous soutiendra lorsque vous commencerez à ralentir ou à vous retirer de la pratique.
Exemple : Deux dentistes, deux niveaux de protection
Prenons l’exemple de deux dentistes ayant des revenus et une valeur de cabinet similaires. Le Dr Boucher a constitué une entreprise, accumulé des bénéfices non répartis et souscrit la couverture d’assurance responsabilité civile professionnelle requise. Sur le papier, la situation semble solide. Mais la majeure partie de son patrimoine reste liée au cabinet et à la société, et peu d’attention a été accordée à la protection en cas d’invalidité ou à la liquidité en dehors de la pratique. La Dre Patel a également constitué une entreprise et développé un cabinet prospère. La différence est qu’elle a revu sa couverture d’invalidité, constituée de réserves accessibles, et a progressivement réduit la dépendance à long terme de son patrimoine à la clinique. Si les deux dentistes devaient faire face à une interruption imprévue de leurs activités, la situation serait grave dans les deux cas. Mais la Dre Patel est plus susceptible de disposer d’une marge de manœuvre pour réagir sans que cela n’exerce une pression immédiate sur tous les aspects de sa vie financière. La différence ne réside pas dans les revenus. Elle réside dans la préparation.
Exemple : Deux dentistes, deux niveaux de protection
Prenons l’exemple de deux dentistes ayant des revenus et une valeur de cabinet similaires. Le Dr Boucher a constitué une entreprise, accumulé des bénéfices non répartis et souscrit la couverture d’assurance responsabilité civile professionnelle requise. Sur le papier, la situation semble solide. Mais la majeure partie de son patrimoine reste liée au cabinet et à la société, et peu d’attention a été accordée à la protection en cas d’invalidité ou à la liquidité en dehors de la pratique. La Dre Patel a également constitué une entreprise et développé un cabinet prospère. La différence est qu’elle a revu sa couverture d’invalidité, constituée de réserves accessibles, et a progressivement réduit la dépendance à long terme de son patrimoine à la clinique. Si les deux dentistes devaient faire face à une interruption imprévue de leurs activités, la situation serait grave dans les deux cas. Mais la Dre Patel est plus susceptible de disposer d’une marge de manœuvre pour réagir sans que cela n’exerce une pression immédiate sur tous les aspects de sa vie financière. La différence ne réside pas dans les revenus. Elle réside dans la préparation.