Sommaire
Choisir la bonne structure juridique et de propriété en tant que dentiste
Si vous êtes dentiste exerçant au Québec, l’incorporation représente l’une des premières décisions financières déterminantes pour l’avenir de votre carrière. Il est tentant de la voir comme une simple formalité administrative, une étape à franchir une fois que vos revenus atteignent un certain seuil. Pourtant, votre structure juridique et de propriété a des répercussions bien plus larges. Elle détermine comment vous vous rémunérez et gérez vos bénéfices non répartis de même que votre exposition aux risques professionnels et la flexibilité dont vous disposerez pour votre retraite ou une transition progressive hors de votre pratique. Autrement dit, il s’agit d’une prise de décision précoce qui a un impact sur vos stratégies de gestion de patrimoine à long terme.
Avant d’envisager une structure juridique, il est essentiel de garder à l’esprit votre contexte professionnel. Au Québec, les dentistes exercent dans un cadre strictement encadré par l’Ordre des dentistes du Québec. Ce cadre définit ce qui est autorisé en matière de propriété et de responsabilités des sociétés professionnelles. Votre structure doit respecter cette réalité tout en soutenant vos priorités personnelles, votre situation familiale et la manière dont vous souhaitez construire votre patrimoine au fil du temps.
L’incorporation comme outil de planification
L’incorporation est souvent présentée comme une simple question de « oui » ou de « non ». Pourtant, il est bien plus utile de l’envisager comme un outil stratégique, pertinent dès que certaines conditions sont réunies.
En pratique, l’incorporation prend tout son sens lorsque vous parvenez à dégager un surplus important chaque année, après avoir couvert vos dépenses et honoré vos obligations financières. À ce stade, l’incorporation ne se limite plus à une formalité : elle ouvre la porte à des opportunités de planification concrètes. Votre gestion de patrimoine en devient plus efficace, car vos décisions corporatives commencent alors à façonner directement votre situation personnelle.
Au Québec, les sociétés professionnelles sont largement utilisées en dentisterie. Dans son Rapport annuel 2024-2025, l’Ordre des dentistes du Québec a déclaré 2 658 sociétés inscrites, avec 2 405 dentistes listés comme actionnaires.
Si vous êtes en début de carrière et gérez encore des dettes étudiantes, l’achat d’un cabinet ou des dépenses importantes, vos besoins en trésorerie peuvent vous amener à retirer la majorité de vos revenus. À ce stade, la priorité est souvent la stabilité : rembourser les dettes prioritaires, maintenir un budget équilibré et constituer une réserve financière.
Si vous êtes plus avancé dans votre carrière, l’incorporation peut vous offrir un meilleur contrôle. Les bénéfices non répartis permettent de différer l’impôt, de planifier vos revenus de manière plus souple et de choisir le moment optimal pour retirer des fonds. L’objectif n’est pas de s’incorporer par obligation, mais parce que cette structure sert vos ambitions à plus long terme.
Choisir une structure de propriété et d’actions adaptée
Une fois votre société incorporée, la structure des actions devient une décision clé et souvent sous-estimée. C’est à cette étape que de nombreux dentistes, sans s’en rendre compte, restreignent leurs options futures.
Une société professionnelle peut être organisée en différentes catégories d’actions, chacune répondant à divers besoins de planification. Dans de nombreux cas, les actions avec droit de vote restent entre vos mains, tandis que d’autres catégories d’actions peuvent soutenir la planification des revenus, les transitions futures ou les considérations successorales, sous réserve des contraintes professionnelles et fiscales.
Si vous exercez avec des associés ou envisagez d’accueillir un nouveau partenaire, votre structure de participation doit s’accompagner d’une convention d’actionnaires claire qui traite des questions relatives à la prise de décision, aux rachats, à l’évaluation et aux conditions de sortie.
Mais attention. Même si votre structure semble adéquate au départ, la vraie question est de savoir si elle fonctionnera encore cinq, dix ou quinze ans plus tard, lorsque vos revenus, votre situation familiale et vos objectifs auront changé. Une bonne structure doit s’adapter à ces changements, sans vous enfermer dans un modèle rigide.
Enfin, la répartition des actions joue un rôle clé dans la gestion des risques. Une structure bien conçue permet de dissocier les activités de votre cabinet de votre patrimoine personnel ou familial. Cela limite l’impact des risques professionnels sur votre sécurité financière à long terme. Si l’incorporation ne supprime pas les risques, elle établit des frontières plus nettes entre votre pratique et les actifs que vous construisez en dehors de celle-ci.
« Lorsqu’on structure les choses correctement, on ne pense pas seulement aux impôts. On protège aussi sa flexibilité et sépare les risques, afin qu’un problème ne se répercute pas sur tout le reste. »
– Darren St-Georges, Conseiller principal en gestion de patrimoine au Groupe St-Georges, Gestion de Capital Assante Ltée
Quand une société de portefeuille devient-elle pertinente?
À mesure que votre cabinet grandit, vous pourriez arriver à un moment où la création d’une société de portefeuille devient une option intéressante. Ce n’est pas une étape obligatoire ni une décision à prendre à la légère. Toutefois, si vos bénéfices non répartis deviennent importants, une société de portefeuille peut vous aider à atteindre des objectifs à long terme, comme diversifier vos investissements, préparer une transition ou optimiser la transmission de votre patrimoine.
Cette structure prend tout son sens lorsque vos bénéfices s’accumulent et que vous souhaitez mieux séparer les activités de votre clinique dentaire de vos investissements personnels. Concrètement, elle vous permet de placer vos excédents de trésorerie en dehors du cadre opérationnel de votre cabinet, réduisant ainsi votre exposition aux risques liés à votre activité. Elle peut aussi faciliter des transitions futures, comme la vente de votre cabinet ou un transfert progressif de propriété.
Le compromis réside dans la complexité. Des entités supplémentaires nécessitent une coordination minutieuse avec votre comptable, vos conseillers juridiques et souvent avec des conseillers en gestion de patrimoine. L’objectif? S’assurer que la structure reste appropriée et continue de servir vos objectifs. Si cette complexité ne vous apporte ni plus de flexibilité ni une meilleure gestion des risques, elle n’en vaut probablement pas la peine. L’idée est de construire une structure sur mesure, évolutive, qui s’adapte à votre carrière au fil du temps.
Votre étape de vie doit guider la structure, pas seulement vos revenus
Deux dentistes aux revenus similaires peuvent avoir des besoins radicalement différents. À la fin de la trentaine, avec de jeunes enfants et un cabinet en pleine croissance, vos priorités ne seront pas les mêmes qu’à la cinquantaine, alors que vous envisagez une transition progressive. En début de carrière, la liquidité et la simplicité sont souvent essentielles. En milieu de carrière, l’optimisation fiscale et la gestion des risques deviennent plus importantes. Enfin, proche de la retraite, votre structure doit faciliter la succession, sécuriser vos revenus futurs et optimiser la transmission de votre patrimoine.
C’est pourquoi la planification corporative ne doit pas se faire en vase clos. Votre structure influence votre fiscalité, qui, à son tour, affecte votre trésorerie, elle-même déterminante pour vos investissements. Ces derniers, à leur tour, façonnent votre préparation à la retraite. La gestion de patrimoine est le fil conducteur qui relie toutes ces décisions, vous permettant de faire les bons choix au bon moment, en fonction de votre réalité professionnelle et de vos aspirations personnelles.
Exemple |
|
|---|---|
| Prenons deux dentistes gagnant des revenus similaires.
Le Dr Bolduc s’incorpore dès que ses revenus le permettent, mais ne réévalue jamais sa structure. Ses bénéfices non répartis s’accumulent sans vision claire, et son patrimoine reste largement dépendant de son cabinet. À la retraite, il se retrouve tributaire de la vente de sa clinique, au bon moment et au bon prix. Le Dr Nguyen, lui, s’incorpore aussi, mais ajuste sa structure au fil des années. Les bénéfices non répartis sont gérés stratégiquement, et certains actifs sont délibérément maintenus en dehors des opérations de la clinique. À la retraite, elle bénéficie d’une plus grande flexibilité pour réduire progressivement ses heures de travail et s’appuyer sur plusieurs sources de revenus, plutôt que de dépendre entièrement de la vente du cabinet. La différence? Une planification proactive, et non passive. |
|
Exemple |
|
|---|---|
| Prenons deux dentistes gagnant des revenus similaires.
Le Dr Bolduc s’incorpore dès que ses revenus le permettent, mais ne réévalue jamais sa structure. Ses bénéfices non répartis s’accumulent sans vision claire, et son patrimoine reste largement dépendant de son cabinet. À la retraite, il se retrouve tributaire de la vente de sa clinique, au bon moment et au bon prix. Le Dr Nguyen, lui, s’incorpore aussi, mais ajuste sa structure au fil des années. Les bénéfices non répartis sont gérés stratégiquement, et certains actifs sont délibérément maintenus en dehors des opérations de la clinique. À la retraite, elle bénéficie d’une plus grande flexibilité pour réduire progressivement ses heures de travail et s’appuyer sur plusieurs sources de revenus, plutôt que de dépendre entièrement de la vente du cabinet. La différence? Une planification proactive, et non passive. |
|
Erreurs structurelles fréquentes chez les dentistes
L’une des erreurs les plus fréquentes que commettent les dentistes est de supposer qu’une structure, une fois mise en place, n’a pas besoin d’être révisée. Pourtant, les règles fiscales évoluent, les situations personnelles changent et les objectifs professionnels se transforment avec le temps. Une structure qui avait du sens il y a cinq ou dix ans peut aujourd’hui travailler contre vous.
Un autre piège courant est de trop structurer trop tôt. Ajouter des couches avant qu’elles ne servent un objectif clair peut augmenter la charge administrative et les frais professionnels sans apporter de réels avantages. À l’inverse, une structure trop simple, maintenue trop longtemps, peut vous exposer à des risques ou vous contraindre à des décisions improvisées plus tard.
Une meilleure approche consiste à réviser périodiquement la structure de votre cabinet et à l’ajuster lorsque des changements significatifs surviennent au niveau des revenus, des dettes, de la propriété, de la situation familiale ou des plans de transition.
La structure va bien au-delà de l’incorporation
La structure de votre entreprise et de votre propriété constitue le fondement sur lequel repose l’ensemble de votre planification patrimoniale. La planification fiscale, la gestion des risques, la stratégie d’investissement et la planification de la retraite dépendent toutes de son bon fonctionnement.
Une bonne structure doit évoluer avec vous. Elle doit refléter vos priorités du moment tout en préservant votre flexibilité pour l’avenir. Bien conçue, elle vous donne plus de marge de manœuvre pour prendre de bonnes décisions à mesure que votre pratique et votre vie personnelle évoluent.
Au Groupe St-Georges, nous intégrons l’incorporation et la structuration dans une démarche globale de planification. Nous collaborons avec votre comptable, notaire ou avocat, ainsi qu’avec d’autres spécialistes, afin de nous assurer que vos décisions d’entreprise soutiennent vos objectifs à long terme et pas seulement ceux de l’année fiscale en cours. En tant que cabinet en gestion de patrimoine Assante CI ltée, notre rôle consiste à coordonner la planification d’entreprise et personnelle grâce à des services de gestion de patrimoine qui permettent d’aligner vos décisions sur vos objectifs à long terme.
Apprenez-en advantage
9 minutes de lecture
8 minutes de lecture
10 minutes de lecture